Des produits uniques pour réussir

Cyril Gonzales et Alex Cruz, les fondateurs de Société-Orignal

Se spécialiser dans les produits de niche : voici la principale stratégie que déploie Société-Orignal pour se tailler une place sur le marché hautement concurrentiel de l’alimentation. Une tactique qui semble bien fonctionner à en constater les résultats.

Par PAMÉLA JUTEAU

Cyril Gonzales et Alex Cruz ont fondé Société-Orignal en janvier 2011, un projet auquel ils réfléchissaient depuis déjà deux ou trois ans. Leur idée: s’associer avec des agriculteurs pour développer de nouveaux produits gastronomiques, rares et de grande qualité, et les vendre à des restaurateurs de partout à travers le monde.

Inutile, donc, de tenter de concurrencer les géants de l’agroalimentaire, qui distribuent en très grande quantité des produits alimentaires standardisés.

« Pour nous démarquer, nous misons sur la qualité plutôt que sur la quantité. Nous visons un marché de niche », explique Alex Cruz.

Qu’est-ce qu’un marché de niche? Ce sont des produits ou des services très spécialisés et encore peu exploités, s’adressant à une clientèle bien particulière.

Pour Société-Orignal, ce sont ces produits uniques qu’ils ont développés avec différents agriculteurs, par exemple, un fromage de lait cru à la mauvaise herbe, un sirop d’érable naturel ou encore une huile de tournesol faites à partir de graines séchées à froid.

Société-Orignal offre donc à ses clients, les restaurateurs, des produits originaux qu’ils ne pourraient retrouver ailleurs.

Diversifier sa production
Le projet d’affaires de la jeune compagnie est aussi avantageux pour les agriculteurs avec qui elle collabore. Cela permet aux agriculteurs de diversifier leur production.

En effet, parallèlement à leur production principale, faite en grande quantité, les agriculteurs développent avec l’aide de Société-Orignal une plus petite quantité d’un produit haut de gamme; un produit de niche.

Par exemple, Société-Orignal a élaboré avec Thierry Trigaux, un apiculteur de la Gaspésie, un miel de printemps au goût un peu épicé et salé.

« Thierry Trigaux vend très bien son miel d’été dans sa région, illustre Alex Cruz. C’est son produit principal. Par contre, le miel de printemps, au goût plus particulier arrivait difficilement à trouver preneurs. Avec l’apiculteur, nous avons apporter quelques modifications à la méthode de production et nous avons réussi à obtenir un miel de qualité. Nous en avons obtenu que 41 caisses de six pots cette année. Un produit très intéressant et commercialisable auprès des restaurateurs, » ajoute-t-il.

Des produits appréciés
La stratégie de niche porte déjà ses fruits : il y a quelques semaines, Cyril Gonzales est allé rencontrer l’équipe du restaurant Daniel NYC à New York, classé 11e meilleur restaurant au monde en 2011 selon le « San Pellegrino World’s 50 Best Restaurants ».

« Ils ont beaucoup aimé nos produits, dit Cyril. Ils nous ont acheté de l’huile de tournesol, du sirop d’érable et du miel. Nous espérons que d’avoir nos produits dans ce grand restaurant puisse nous faire connaître auprès d’autres restaurateurs de New York. »

Les fondateurs de Société-Orignal croient d’ailleurs que le Québec a beaucoup d’autres bons produits à offrir. « Nos produits sont exportables. Pas besoin d’essayer d’imiter ce que les autres pays font », ajoute Cyril.

Pour eux, la formule est simple : « Il faut développer une agriculture représentative de notre culture et de notre climat. Par exemple, il coûte 35 % plus cher de cultiver le blé au Québec qu’en Alberta. » Alors, pourquoi s’entêter à produire du blé au Québec?, questionnent-ils.

Une structure simple
Les affaires de Société-Orignal vont bon train. Alex et Cyril ont d’ailleurs dû agrandir leur équipe, en s’adjoignant les services de Félix et Vanessa pour les aider à la mise en marché.

Pour continuer à croître et à se faire une place dans le domaine, ils tiennent toutefois à conserver une structure d’entreprise très simple.

« Nous travaillons en équipe. Il n’y a pas réellement de patron. Chacun peut donner son opinion sur ce qui se passe dans l’entreprise, explique Alex. Nous nous remettons très souvent en question et nous faisons rapidement des ajustements. »

C’est ce qui fait leur force, par rapport aux grandes entreprises du domaine de l’alimentation, croient-ils.

« Nous pouvons prendre des décisions et nous virer de bord rapidement. Les grandes entreprises, elles, ont une structure très lourde.  Avec les réunions, toute leur paperasse, ça leur prend beaucoup de temps pour démarrer ou modifier un projet. On a une longueur d’avance sur eux à ce niveau, » conclut Alex.

Il remet son entreprise sur pied après un incendie

Guy Véronneau a vécu un véritable cauchemar lorsqu’un de ses quatre commerces a été rasé par les flammes, en juillet dernier. Cette terrible épreuve lui a fait comprendre l’importance d’être bien assuré, a-t-il confié en exclusivité à ForcePME.COM.

Par PAMÉLA JUTEAU

M. Guy Véronneau, dans son magasin temporaire de Laval, qui a ouvert ses portes le 1er octobre dernier.

Bien connue des québécois, Plantes et Décors Véronneau est une entreprise spécialisée dans la vente de plantes artificielles et d’articles de décoration. Fondée il y a 27 ans par Guy Véronneau, la société emploie aujourd’hui une cinquantaine de personnes dans ses quatre magasins situés dans plusieurs régions du Québec, dont Montréal et la Montérégie.

« J’avais à peine 20 ans lorsque j’ai lancé mon entreprise », affirme M. Véronneau – un grand gaillard aux cheveux cendrés – non sans une certaine fierté dans la voix, en repensant au chemin parcouru.

Tout a failli basculer le 6 juillet dernier, lorsque M. Véronneau a reçu l’appel d’un de ses employés, alarmé, l’informant que le magasin de Laval était en feu.

Une perte totale
Pour une raison inconnue, un brasier s’est déclaré vers 9h30 ce matin-là, semant la panique parmi la dizaine d’employés présents chez Plantes et Décors Véronneau situé sur le boulevard le Corbusier, à Laval.

En seulement trois heures, l’énorme bâtisse de 27 000 pieds carrés a été rasée par les flammes. Tout y est passé : le magasin, l’entrepôt et les bureaux administratifs qui s’y trouvaient, sans compter la marchandise en inventaire et le matériel informatique.

« Ce fut une perte totale. Les dommages se sont élevés à 5,5 millions de dollars », raconte M. Véronneau.

L’ampleur du sinistre a été telle que 150 personnes des commerces environnants ont dû être évacuées.

En apprenant la terrible nouvelle, M. Véronneau s’est rendu sur place pour s’enquérir de la santé de ses employés.

« Je voulais m’assurer que les travailleurs étaient corrects, qu’il ne leur était rien arrivé. Heureusement, personne n’a été blessé », explique M. Véronneau.

Un grand soulagement
Sitôt informé que le personnel se portait bien, M. Véronneau a rapidement appelé son courtier d’assurance, Mme Danielle Savoie de Groupe DPJL, pour lui rapporter le sinistre.

« Elle m’a dit de ne pas m’inquiéter, que mon commerce était suffisamment assuré et qu’ils s’occuperaient des réclamations. J’ai senti un poids énorme s’enlever de sur mes épaules », raconte l’entrepreneur.

Par exemple, si une police d’assurance ne couvre que 200 000$ de dommages mais que les dégâts de votre PME s’élèvent à 300 000$, c’est l’entrepreneur qui devra éponger une perte de 100 000$ de sa poche. Le fait d’avoir un commerce sous-assuré risque de conduire leur dirigeant tout droit à la faillite.

« Ce qui m’intéressait le plus était la santé des employés, le reste c’est du matériel », ajoute-t-il soulagé. Cette expérience lui a néanmoins ouvert les yeux sur l’importance d’avoir une police d’assurance adéquate. C’est ce message qu’il souhaite transmettre aux autres entrepreneurs.

« Certains disent que les courtiers d’assurances coûtent cher, mais en bout de ligne, ce n’est pas vrai, ajoute-t-il avec conviction. Il faut par contre savoir choisir un bon représentant, qui connaît bien le type de business que l’on fait, et qui est habitué de gérer des entreprises de notre taille. »

Chaque année, M. Véronneau prend quelques heures de son temps, en compagnie de son courtier, pour mettre à jour la valeur de ses actifs et réviser sa police d’assurance.

« Beaucoup d’entrepreneurs ne sont pas bien assurés, déplore M. Véronneau. Il est important de ne pas être ni sous-assuré, ni sur-assuré. »

Selon le patron de Plantes et Décors Véronneau, il faut prendre le temps de bien connaître la valeur de tout ce que possède son entreprise et d’en estimer le coût à neuf, aux prix d’aujourd’hui.

Tout reconstruire
À la suite de cet incendie, la plupart des employés ont été relocalisés. Seulement douze d’entres eux ont temporairement été mis au chômage. L’équipe administrative a aussi dû être installée dans d’autres bureaux.

« L’étape suivante a été de contacter des architectes pour qu’ils dessinent des plans du nouveau bâtiment, explique M. Véronneau. Nous avons ensuite fait faire des soumissions à des entrepreneurs de la construction et nous avons choisi celui qui offrait le meilleur prix. »

Le nouveau magasin devrait être prêt à ouvrir ses portes en janvier 2012. Mais pour Guy Véronneau, il n’est cependant pas question d’attendre aussi longtemps avant de reprendre du service. Ainsi, pour conserver sa clientèle, M. Véronneau a voulu que son commerce soit rouvert au public rapidement.

Un local temporaire a été loué aux Galeries Laval pour pouvoir desservir la clientèle depuis le 1er octobre.

« Nous aurions pu attendre avant de rouvrir le magasin car nos assurances couvrent la perte de profit et de revenu, dit-il. Mais novembre est notre plus gros mois de l’année et notre inventaire de Noël n’a pas brûlé. Surtout, nous ne voulions pas que notre clientèle nous oublie. »

Depuis l’incendie qui a détruit son magasin de Laval, en juillet dernier, M. Véronneau, travaille sans cesse.

« Cet été, je n’ai pas eu de vacances, raconte-t-il. Je travaille tous les jours. Lorsque je rentre le soir, je suis épuisé. La nuit, il arrive souvent que je me réveille en pensant à ce que je dois faire le lendemain. »

Trois mois après cette terrible épreuve, Guy Véronneau a encore beaucoup de boulot à abattre. Par contre, son commerce a de nouveau pignon sur rue.

Boîte info :
Plantes et Décors Véronneau
www.veronneau.com
Année de fondation : 1984
Fondateur : Guy Véronneau
Nombre de magasins : 4 (Laval, Montréal, Boucherville et Granby)
Franchise ouverte au public : 1 (Sherbrooke)
Nombre total d’employés : 50